Créer mon blog M'identifier

18 avril

Le 18 avril 2014, 21:53 dans Humeurs 0

Et voilà que les choses s’accélèrent. L’appartement est vendu. Le déménagement géré. Mes meubles ont fait un Aix-en-Provence/Bordeaux dans un van pour chevaux. Ne reste plus qu’à signer la vente, rendre les clés d’un appartement propre et vide, dire adieu à nos repères d’ici et partir vers là-bas, s’en créer de nouveaux, avant d’être prêts. Prêts pour l’aventure. Prêts pour le voyage. 

L’émotion est vive, mais je ne m’autorise pas à la submersion. Si je pleure ici, comment entreprendre la suite ? Alors je fonce, la tête haute, avec toujours ce même orgueil qui me permet d’avancer. Rien ne me décourage, ni la plaque d’égout qui dévisse sous mes pieds au petit matin de ce dernier jour aixois, ni le retard du notaire qui me fait arriver après la fermeture de la crèche, ni l’équipe qui m’a attendu pour nous dire au revoir les yeux humides, ni Martin qui vomit tout son saoul alors que je lance un joyeux « en route mon loulou ! ».

Il est presque 20h. Le siège auto est plein de petits morceaux visqueux et odorants. J’avais perdu jean et chaussures dans la matinée et depuis j’ai rendu les clés de chez moi. Il me reste ma voiture et mon aspirateur dans le coffre.

Je tente un passage éclair chez mes anciens employeurs. Impuissants à me garder auprès d’eux pour les années à venir, ils sont heureux de me dépanner d’une baignoire pour laver ce siège auto et finalement nous kidnapper pour la nuit. Demain nous serons à Bordeaux. Demain, nous retrouverons nos meubles. Demain, j’irai embrasser mes amis, ceux que j’ai laissés là il y a 5 ans pour mener à bien mes belles études et vivre ma vie de Cendrillon. Ceux-là même qui ont vidé le van plein de mes meubles pour emménager mon nouveau chez moi, sans moi. Cinq ans plus tard, ils étaient là. Présents. Alors je les imagine heureux de mon retour.

Moi je suis heureuse. Comme on est heureux quand on croit que tout est possible. J’ai 26 ans, je suis maman d’un magnifique petit garçon qui va souffler ses 2 bougies dans 8 jours. Nous sommes le 18 avril. Les plaques d’égout peuvent bien dévisser, mon petit bonhomme peut bien ruiner son siège auto. Je démarre une nouvelle vie. Je crois en moi, en mes capacités à rebondir. Je crois en ce voyage qui doit lancer ma carrière professionnelle. Je crois en ce projet un peu dingue qui devrait séduire celui que j’ai toujours voulu auprès de moi : Nicolas.

Et si je ne croyais ni en tout ça, ni en Nicolas, que serais-je ?

L’Amant

Le 29 mars 2014, 19:12 dans Humeurs 0

Je n’ai jamais trompé. 

Mais cette nuit-là, je n’ai pas dormi. Les yeux fermés. Artificiellement. Le ventre serré. Exagérément. Le cœur noué. Anormalement. Je n’ai jamais réussi à me défaire de cet espoir. Comme une prière, une incantation. Viens. Maintenant. Demain il sera trop tard. Viens et je te suis.

Au bout du monde ou juste ici, je l’aurai suivi. J’aurai dit oui. Oui de suite. Oui sans rien savoir. Mais oui sans hésiter. Il aurait suffi d’un simple toc-toc à mon volet et j’aurai pris la poudre d’escampette la nuit précédant mon mariage.

Mon meilleur ami. Mon amant, comme disaient mes parents lorsque nous étions lycéens. Chaque vendredi soir sur les coups de 23h, ce toc-toc résonnait dans le couloir que je remontais en courant dans mon babygro géant pour venir lui ouvrir. A cette époque il passait par la porte d’entrée. Aucun besoin de se cacher. Nous faisions un rapide passage dans le salon, le temps pour lui de charmer mes parents qui ne manquaient jamais de lancer au son du toc-toc un « Camille, ton amant est arrivé ! »

Et moi, dans mon babygro couleur chocolat, comme un Ourson à la guimauve, je croyais le séduire par cette simplicité à outrance. Mon babygro criait : « Regarde ! Je ne suis pas une princesse !! Regarde comme je suis apte à te suivre dans tes aventures de Grand Reporter / Aventurier / Alpiniste / Voyageur au long cours... Sois ce que tu veux être, je serai tienne sans jamais te peser, t’entraver. Je te suivrai pour entrer dans ton monde, dans tes passions et peut-être en devenir une. Juste une de plus. Pas à la place. Mais à côté. A tes côtés. »

Mais cette nuit-là, il n’y eu pas de toc-toc. Ni à la porte d’entrée. Ni à mon volet. Je n’ai pas dormi. Il n’est pas venu. Je me suis mariée. Il en était le témoin. Mon témoin. Pas mon mari. Pas même mon amant.

Princesse

Le 28 mars 2014, 22:23 dans Humeurs 1

C’est un mot qui est revenu souvent dans ma vie. Je me prends pour une princesse. Je me vis comme une princesse. De tout temps à jamais, j’ai cru _ comme on peut avoir foi en Dieu _ qu’un jour, ce statut me serait reconnu. Difficile de savoir si ce type de sentiment est inné chez une petite fille. Je ne me suis jamais vraiment demandé si j’aurai du abandonné cet espoir _ ou plutôt cette certitude _ en entrant dans la vie d’adulte. Toujours est-il que ce sentiment étant constamment là, j’en ai fait mon affaire. Pour devenir princesse, il faut vivre des choses hors norme. Ne pas faire comme tout le monde. Se sentir différente oblige à se réaliser différemment. Ainsi, à peine arrivée à l’âge adulte, mon instinct m’a dicté de m’engager. A 20 ans, on choisit son engagement. Plusieurs pistes sont possibles : les études, la vie associative, le sport, toute forme de passion... Moi j’ai choisi le mariage.

Saugrenu. Désuet. Vieux jeu. Idiot. Romantique. J’ai choisi le romantisme. Autrement dit l’idiotie. Et tout le reste. Et la Princesse devient bourreau. Non pas que le mariage conduise forcément au drame. Mais dans le monde d’aujourd’hui, choisir de se marier sans vraiment se connaître, choisir de devenir mère avant même d’être diplômée de ces hautes études que j’avais entreprises. Cela tient plus de la stupidité et de l’orgueil que d’une réflexion mûre et réfléchie. Seul excuse à peine valable : la peur. La peur de finir surdiplômée et seule. La peur de réaliser le rêve de ma propre mère pour moi : une carrière. La peur d’être à la hauteur des attentes de mon père. La peur.

Alors voilà, que fait une princesse quand elle a peur, elle se réfugie dans les bras d’un prince charmant. Charmant le prince l’était. Mais la vie vous apprend bien vite que le charme ne suffit pas au quotidien. Et le charme est très clairement insuffisant quand on aspire à des rêves de princesse.

Alors me voilà divorcée à 26 ans. Aussi vite que je me suis mariée. Avec le même orgueil au bout du compte. Cette aptitude à reconnaître ma part de tort dans ces conséquences dramatiques. Mais d’ailleurs pourquoi parler de drame, les statistiques me classent plutôt dans la norme.

Pas terrible pour une princesse d’entrer dans la norme....

Voir la suite ≫